Karel Kadlec, qui dirige depuis près de trente ans Car-Tech, le principal distributeur de Rolls-Royce en Slovaquie, en Hongrie et en République tchèque, positionne ses véhicules comme des objets de luxe comparables à des œuvres d’art, des bijoux ou des yachts.
Avec une dose de vanité issue de l’histoire et des caractéristiques de la marque, il présente les chiffres de vente de ces voitures en 2023, qui affichent le meilleur résultat depuis sept ans. Elle a dépassé Porsche de 700 unités, un chiffre significatif.
Si l’on considère que les clients de Rolls Royce paient leur voiture au minimum 400 000 euros, on comprend pourquoi ce qui se passe dans le monde normal des voitures électriques ne l’affecte pas.
Qu’est-il arrivé à l’industrie automobile, selon Royce ?
De son point de vue, Rolls Royce voit comment la transformation exigée par l’UE pour mettre fin aux émissions de carbone des voitures progresse. De son point de vue, le tableau est clair : la Chine a battu l’Europe dans la bataille de l’électrique.
M. Kadlec estime que l’Europe s’est endormie sur un nuage de gloire en produisant les meilleures voitures du monde. Pendant ce temps, la Chine a travaillé sans relâche et récolte aujourd’hui les fruits de ses efforts. Il suffit de penser que BYD, une entreprise qui n’a que 28 ans, compte plus d’un million d’employés. Avec intelligence et stratégie, la marque chinoise parvient à vendre ses véhicules au monde entier à des prix si bas qu’ils n’ont pas d’équivalent sur le vieux continent.
Ses voitures électriques ont évolué rapidement et ont atteint une esthétique et des performances identiques, voire supérieures, à celles de leurs homologues européennes. Si, au début, l’aspect et la qualité des voitures chinoises ne plaisaient à personne, les Chinois ont pris une mesure clé qui a conduit à leur succès. Ils n’ont pas hésité à engager des designers européens qui ont mis les véhicules BYD sur un pied d’égalité avec les voitures européennes.
Une esthétique et une qualité similaires et des prix beaucoup plus bas, voilà la formule qui a accéléré l’expansion et les ventes. Le coup de grâce dans cette bataille qui fait trembler les entreprises européennes.
Où en est Rolls-Royce dans la transformation des moteurs ?
Rolls-Royce n’est pas du tout inquiet ou préoccupé par le changement des systèmes de moteur dans les voitures. La preuve en est qu’elle met au point son nouveau SUV, le Rolls-Royce Cullinam. Doté d’un moteur V12 de 6,75 litres, il est propulsé par un bloc essence. Sa puissance dépasse les 550 ch et il est doté d’une boîte de vitesses automatique à huit rapports.
Selon certaines informations, le projet en est au stade du développement initial et devrait être commercialisé en 2025. La confiance en soi est une caractéristique importante de la marque, qui sait que son groupe spécial de fans accueillera ce modèle avec beaucoup d’intérêt. Et le moment venu, ils verront ce qu’ils font en matière d’émissions de CO2.
Cependant, dans le domaine de l’aéronautique, Rolls-Royce, en partenariat avec easyJet, recherche et expérimente des moteurs à hydrogène. L’université de Loughborough, au Royaume-Uni, et le centre aérospatial allemand DLR collaborent avec le groupe d’entreprises. L’entreprise a indiqué qu’elle était parvenue à développer une technologie de moteur à combustion d’hydrogène capable de propulser une large gamme d’aéronefs.
Les chercheurs jugent très satisfaisants les résultats obtenus en matière d’efficacité, de performances, d’émissions et de combustion. Ils estiment que ces moteurs pourraient être utilisés dans les avions au milieu des années 2030.
L’hydrogène sera-t-il l’avenir des voitures Rolls-Royce ? L’avenir le dira.



